Fiche technique

Film britannique
Date de sortie : 10 mars 1982
Genre : Road-movie spatio-temporel
Titre original : Time bandits
Durée : 1h51
Scénario : Terry Gilliam et Michael Palin
Musique : George Harrison, Mike Moran
Directeur de la photographie : Peter Biziou
Avec Craig Warnock (Kevin), Sean Connery (Agamemnon), John Cleese (Robin des bois), David Warner (le génie du mal), Shelley Duvall (Pansy), Michael Palin (Vincent), Ian Holm (Napoléon), Ralph Richardson (l'être suprême), Peter Vaughan (l'ogre), David Rappaport (Randall le nain)...

 

Synopsis : Pendant la nuit, Kevin, un petit garçon anglais est visité par six nains qui ont dérobé à l'Être suprême la carte du temps. L'enfant s'engage alors dans un voyage à travers l'histoire : il croisera sur son chemin Napoléon à la bataille de Castiglione ainsi que Robin des Bois dans la foret de Sherwood, le Titanic... (Allociné)

 

Mon avis : Une trilogie Gilliamesque

 

Bandits Bandits (Time Bandits pour la VO, pourquoi avoir changé le titre pour les mangeurs de grenouilles ??!!!), avec les Aventures du Baron de Munchausen, et Brazil, fait parti de "la trilogie de l'imaginaire". Il parait même que l'on ne puisse comprendre les méandres Braziliennes si on n'a pas vu Bandits Bandits. Les personnages du petit Kevin et de Sam Lowry (Brazil) pourraient être très proches, l'un serait devenu adulte, tous deux rêveurs de situations exotiques où l'imagination est mise à rude épreuve. Lowry s'envole dans les airs, Kevin voyage dans les trous spatio-temporels en compagnie d'une bande de nains voleurs. Sam et Kevin mêlent leurs rêves à la réalité.

 

Pas de pythonnien, Bandits Bandits est un film en solo. Pas de Monty Pythons. Même avec la présence de John Cleese et de Michael Palin. Pourtant l'humour anglais barré des Pythons plane sur le film : situations décalées, improbables, absurdes. Le petit Kevin voyage donc avec ses six nains, en photographiant au polaroid ses rencontres : les nains font un spectacle de marionnettes à Napoléon avant de le détrousser, les nains se font voler par un certain Monsieur Des Bois, Kevin se lie d'amitié avec Agamemmon, ils naviguent sur le Titanic... Mais la joyeuse équipe miniature est très vite confrontée à un Être Suprême plongé dans ses technologies absurdes et à un ogre souffreteux. Bien sûr ce monde machiavélique provoque la confrontation finale entre les forces du Bien et du Mal.

 

Terry Gilliam se détourne des productions formatées pour proposer un film atypique et sorti des sentiers battus : place à la rêverie, à l'imagination. Comme tout cinéaste défendant ses idées et la réalisation de ses films, Terry Gilliam raconte à peu près la même chose dans tous ses films; il coule ses fantasmes dans sa pellicule : le Moyen Âge, le rêve, la quête, la folie, la destruction, la technologie... même dans le Roi Pêcheur qui fut un film de commande. Les films de Gilliam se répondent entre eux de façon autonome. Les films de Gilliam sont des labyrinthes, et il faut en sortir. Terry Gilliam, par sa filmographie, a tissé une toile complexe.

 

Le rêve semble être la seule échappatoire humaine à ce monde devenu fou, déformé par nos désirs et notre malheur. Mais ce même monde veut nous priver de notre innocence, de nos rêves, puisque ces derniers pourraient bien anéantir ce système qui ne laisse pas de place aux doux rêveurs. Ne devenons pas adultes, restons enfants !!! (à défaut devenons des adultes naïfs)

 

Les plus : Un film pour les rêveurs de 7 à 77 ans.

Les moins : Déconseillé à Luc Besson et à ses adorateurs.

 

Note : 8/10

 


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Ecrit par Le binoménal fidule.

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Commentaires  

 
0 #1 Dick Anginson 24-04-2008 09:10
D'abord j'aprouverai des quatre mains la conclusion du Binomenal Fidule : Luc Besson pratique le régressif consumériste (plaire aux masses par des récits édifiants, mièvres et creux) alors que Gilliam est un régressif créatif qui n'a surtout pas peur d'être resté un gamin mais ne prend jamais les spectateurs pour de simples prospects de supermarché. Il peut se planter mais c'est par enthousiasme et si il y a quelques faiblesses dans "Bandits, Bandits", que de merveilles ! Ma séquence préférée est celle où Napoléon assiste à un spectacle de marionnettes. Un instant d'une rare poésie. Et je souris chaque fois que j'entends le talentueux Alexandre Astier s'agacer qu'on compare son hilarante série "Kaamelott" avec l'oeuvre des Monty Pythons et de ses membres. Car il est tellemnt évident qu'il la connaît par choeur et notamment cette séquence de "Bandits, Bandits" puisqu'à une ou deux reprises il a inséré un sketch similaire (et très réussi) de spectacle forain. Autres séquences qui me plaîsent énormément : celles avec Shelley Duvall en princesse passagèrement bousculée et puis ce magicien aussi puissant que maladroit joué par le grand comédien britannique David Warner, toujours formidable dans les rôles de méchants ou de personnages ambigüs (encore un qui a malheureusement du tourner beaucoup trop de films alimentaires entre deux chefs d'oeuvre).
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