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Film japonais

Date de sortie (Japon) : 4 septembre 1960

Genre : Vengeance

Titre original : Warui yatsu hodo yoku nemuru

Durée : 2h30

Scénario : Hideo Oguni, Eijiro Hisaita, Akira Kurosawa, Ryuzo Kikushima, Shinobu Hashimoto

Musique : Masaru Sato

Photographie : Yuzuru Aizawa

Avec Toshiro Mifune (Nishi), Masayuki Mori (Iwabuchi), Kyoko Kagawa (Yoshiko), Tatsuya Mihashi (Tatsuo), Takashi Shimura (Moriyama)…

 

Synopsis : Puissant homme d’affaires, Iwabuchi est sur le point de marier sa fille Yoshiko à son secrétaire Nishi. C’est le moment où éclate également un scandale sur des malversations publiques qui va ébranler la pyramide sur ses fondations les plus solides et faire ressurgir un sombre passé…

 

Mon avis : Vengeance is mine…

 

lessalaudsdormentenpaix1.jpegAvec Chien enragé et Entre le ciel et l’enfer, Les Salauds dorment en paix constitue la trilogie de films noirs orchestrés par Akira Kurosawa. Pas son travail le plus connu et pourtant trois œuvres remarquables par la maîtrise qu’y affiche l’empereur de bout en bout, notamment en tournant simultanément avec trois caméras pour un résultat véritablement « magique » dans certaines séquences où l’objectif semble pouvoir voir arriver, observer puis suivre sa cible dans une sensation de totale liberté impressionnante de fluidité. Grand admirateur des polars américains de l’époque et inconditionnel de Georges Simenon, le cinéaste livre avec cette trilogie (qui n’en est pas une) sa propre vision du film noir en l’adaptant à la société japonaise touchée également par la corruption et la criminalité mais coincée également entre son traditionalisme et son capitalisme galopant . Comme toujours le réalisme est de mise et ce sont les sentiments et les passions des différents protagonistes qui feront avancer le récit.  

lessalaudsdormentenpaix2.jpegPourtant il faut l’avouer, on est un peu perdu lors des premières minutes du métrage. Beaucoup de noms circulent et beaucoup de visages apparaissent et disparaissent devant nous. Sauf que l’académisme de cette entrée en matière laisse vite place au cynisme de la meute de journalistes qui assistent au mariage polémique entre la fille du patron diminuée physiquement et le secrétaire de ce dernier qu’on nous présente sans vergogne comme un opportuniste. L’intrigue s’installe alors tranquillement tandis que les choses s’éclaircissent dans notre tête. Une vengeance implacable se met alors en œuvre et le métrage de basculer dans le pur film noir. Comme toujours la direction d’acteurs est au sommet et la psychologie des personnages particulièrement soignée. Thématiquement parlant, on nage en plein dans la corruption en haut de l’échelle avec aussi une intéressante réflexion sur la haine et ce qu’elle apporte. Côté récit, les 2h30 passent en un clin d’œil avec une histoire habilement relancée à mi-parcours avec un rebondissement « photographique ». Bref, un « must have » comme on dit pour les amateurs du genre.

Note : 9/10



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Ecrit par Sylkarion.

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