
Fiche technique
Film italien
Date de sortie (Italie) : 28 mars 1968
Genre : Vengeance is mine
Titre original : Oggi a me… domani a te !
Durée : 1h45
Scénario : Tonino Cervi et Dario Argento
Musique : Angelo Francesco Lavagnino
Photographie : Sergio d’Offizi
Avec Montgomery Ford (Bill Kiowa), Bud Spencer (O’Bannion), Wayde Preston (Jeff
Milton), Jeff Cameron (Moreno), William Berger (Francis « Colt »
Moran) ; Tatsuya Nakadai (James Elfego)…
Synopsis : Condamné à tort à cinq ans de prison pour le meurtre de sa
femme, Bill Kiowa n’a qu’une idée en tête, retrouver le véritable assassin et
l’envoyer en enfer. Aussitôt dehors, il engage cinq tueurs pour le seconder
dans sa chevauchée macabre…
Mon avis : Un colt pour cinq salopards…
Plutôt un bon cru que ce western-spaghetti. Co-écrit et co-réalisé par Dario
Argento, qui faisait alors ses premières armes derrière la caméra (suivra quand
même Il était une fois dans l’Ouest), on y détecte déjà un talent indéniable
pour installer une atmosphère spécifique à mi-chemin entre le western et le
thriller. C’est particulièrement sensible dans la deuxième partie du métrage,
beaucoup mieux rythmée et segmentée, que compose la traque de Kiowa et sa bande
puis d’Elfego et ses hommes. On s’éloigne des étendues désertiques pour se
plonger dans les bois où la mort rôde à chaque instant. Angles de caméra
surprenants et scènes adroitement construites jouant sur l’exiguïté atypique
pour un western s’y intensifient alors jusqu’au paroxysme de l’affrontement
final qui tranche malheureusement par son côté trop conventionnel.
Côté casting, Montgomery Ford (ça a un peu plus de gueule que Brett Hasley, il
faut bien l’avouer) promène sa dégaine de spectre en marquant surtout les
mémoires par son regard venu d’ailleurs façon Django. Il se fait pourtant
rapidement voler la vedette par la fine équipe qu’il engage, un vrai défilé de
gueules (rien que la classe de William Berger vaut le coup d’œil). C’est
d’ailleurs le gros point noir du film, le fait d’avoir travaillé dans l’urgence
sans du coup prendre la peine d’affiner un peu plus ces porte-flingues, leur
passé et leur motivation outre la récompense promise. On pourra regretter aussi
le cruel manque d’interactions entre ces différents seconds rôles. Heureusement,
Tatsuya Nakadai (si si, Kagemusha himself) parvient quelque peu à relever le
tout dans la dernière partie en apportant sa folie habituelle. Il en résulte un
western spaghetti assez bancal, trop classique dans sa première partie, mais
qui mérite largement le coup d’œil dès lors que la traque commence.
Note : 7/10