| Garde du corps (Le), 1961, Akira Kurosawa |
| Écrit par Sylkarion | ||||||
| 01-01-2009 | ||||||
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Fiche technique
![]() Film japonais Genre : Girouette armée Titre original : Yojimbo Durée : 1h50 Scénario : Akira Kurosawa et Ryuzo Kikushima Musique : Masaru Sâto Photographie : Kazuo Miyagawa Avec Toshiro Mifune (Kuwabatake Sanjuro), Tatsuya Nakadai (Unosuke), Seizaburo Kawazu (Seibei), Takashi Shuimura (Tokuemon)… Synopsis : Sanjuro, samouraï se faisant payer pour ses services, débarque dans un petit village ravagé par une guerre entre deux clans. Flairant le bon coup, il offre ses services à l’un d’eux avant de changer de camp… Mon avis : D’Est en Ouest… Au départ étaient les westerns américains de facture classique avant qu’Akira
Kurosawa ne se les approprie à sa manière. Le résultat, dont Yojimbo est la
plus parfaite illustration, offre un récit où ce n’est pas tant le genre qui
prime mais plutôt la manière dont le héros va pouvoir évoluer, s’adapter, au
sein même d’un univers très codifié. Ainsi, comme il l’avait déjà fait avec Les
Sept samouraïs (avec pour résultat un remake de John Sturges), le cinéaste joue la carte du huis clos aux multiples
rebondissements. Sauf que cette fois il introduit une légèreté humaniste depuis
longtemps devenue sa carte de visite avec un héros manipulateur et désabusé,
formidable Toshiro Mifune tout en retenue, qui passe tout le film à observer les
autres protagonistes en se contentant de ci de là de faire basculer tel ou tel
camp dans la défaite. Une approche qui confère un ton unique au métrage et dont
Sergio Leone fera bien plus que s’inspirer avec sa trilogie Eastwoodienne qui
doit énormément au travail de Kurosawa et Mifune. En effet, le personnage de Kuwabatake Sanjuro (que l'on verra réapparaître dans une suite) semble simplement intouchable,
tout comme Eastwood dans Pour une poignée de dollars, puisque le film de Leone
est le remake de Yojimbo. Hormis le passage à tabac par le géant, Sanjuro
évolue à sa guise au sein du petit village où tout le monde le craint et veut à
n’importe quel prix s’attacher ses services. C’est justement cette aptitude à
stimuler la faiblesse de son prochain qui plaira à Leone pour composer l’homme
sans nom immortalisé par la « gueule » de Clint Eastwood. Mais le
personnage ne serait rien sans l’humour omniprésent inhérent à chaque séquence.
Citons par exemple notre héros juché sur une tourelle d’observation et
s’amusant de voir les deux camps s’approcher à tâtons en avançant d’un pas pour
reculer de deux. On retrouve une fois encore le regard indulgent et amusé de
Kurosawa sur son prochain. Le cinéaste qui d’ailleurs, même si descendant d’une
grande lignée de samouraïs, n’hésite pas pour autant à présenter son héros
(certes au grand cœur) comme principalement motivé par l’appât du gain. Bref,
un autre incontournable du maître et une belle leçon de cinéma pour ce qui est
de marier les genres.Note : 9/10
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| Dernière mise à jour : ( 01-01-2009 ) | ||||||
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