| Madadayo (1993) Akira Kurosawa |
| Écrit par Sylkarion | ||||||
| 28-11-2008 | ||||||
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Fiche technique
![]() Film japonais Date de sortie (France) : 27 décembre 1995 Genre : Imbécile heureux Titre original : Maadadayo Durée : 2h15 Scénario : Akira Kurosawa Histoire originale : Hyakken Uchida Musique : Shinichiro Ikebe Photographie : Takao Saito et Shoji Ueda Avec Tatsuo Matsumura, Kyoko Kagawa, Hisashi Igawa, Joji Tokoro, Masayuki Yui… Synopsis : Au Japon, en 1943, le très respecté professeur Uchida prend sa retraite. Ses anciens élèves prennent l’habitude d’organiser chaque année une fête en son honneur à l’occasion de son anniversaire. La fête suit un rituel immuable : le professeur doit vider une choppe de bière à l’issue d’un discours et répondre fermement « pas encore ! » (madadayo en japonais) à la question posée en chœur par ses élèves « êtes-vous prêt ? ». Sa retraite est ainsi paisible, jusqu’au jour où son chat disparaît, l’affligeant profondément… Mon avis : Le Testament de l’Empereur… Pour son dernier long métrage, Akira Kurosawa nous offre une œuvre légère et
caustique où il pose un regard toujours aussi affûté sur la vieillesse et le
passage de témoin. L’analogie entre ce vieux professeur adulé par ses élèves et
Kurosawa lui-même est évidente, d’où une auto-dérision de chaque instant nous
présentant le héros comme une sorte de vieil imbécile heureux jusqu’à la
disparition de son chat qui va bouleverser sa retraite paisible. Léger et d’une
certaine manière aussi rassurant sur le non-dit inhérent au film qu’est la
mort, Madadayo c’est le cinéaste qui pose un regard de sage sur une
filmographie exceptionnelle tout en se moquant gentiment de ses nombreux
fidèles louant son talent au fil des années, distinction qu’il refusera toujours d’admettre comme
juste. Caustique à la base, le personnage d’Uchida perd pourtant peu à peu de sa
superbe à mesure que la vieillesse marque des points contre le temps. De guerre
par exemple (nous sommes en 1943) il n’est quasiment pas question hormis le
passage où le professeur voit sa maison détruite par les bombardements de
Tokyo. Par contre, quelques années plus tard, la disparition d’un chat sauvage
sera vécue comme un drame par un vieillard sans descendance. Néanmoins, il
n’est jamais question de misérabilisme dans le récit. Tout est présenté avec
humour et bonne humeur, comme si Kurosawa avait voulu à tout prix éviter de
sombrer dans quelque chose qui ne lui ressemblait pas. Le résultat est une fois
de plus admirable, alliant humanisme et légèreté, et concluant de manière
logique une carrière hors du commun. Prêt, le Sensei l’était sans aucun doute.Note : 8,5/10
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