Fiche technique
Film japonais
Titre original : Tenku no Shiro no Laputa
Date de sortie : 15 janvier 2003
Genre : Atlantide en plein ciel
Durée : 2h04
Scénario : Hayao Miyazaki
Musique : Joe Hisaishi
Synopsis : Pazu, mineur orphelin, recueille une fille tombée d’un aéroplane, Sheeta. Celle-ci, orpheline aussi ignore tout de ses origines et ne comprends pourquoi l’armée et une bande de pirates sont à ses trousses pour récupérer son pendentif. Sheeta et Pazu fuient, et vont découvrir sur leur chemin la mythologique ville dans le ciel, appelée Laputa.
Mon avis : Premier film sorti de chez Ghibli, Le château dans le Ciel, rappelle pour beaucoup le dernier en date Le château ambulant. Mais cette fois cela se passe dans le ciel, avec toutes les inventions de machine que Miyazaki affectionne. Toute l’équipe est parti au Pays de Galles, voulant étudier le lieu où la Révolution Industrielle a commencée. Ils y ont rencontrés des mineurs qui s’étaient vu mis à la porte. Miyazaki en a été affecté : on retrouve ces mineurs dans le village de Pazu, confrontés justement à une problème de rentabilité.
Son inspiration ? Les voyages de Gulliver qu’il avait lu (partiellement) étant enfant. Il se souvenait d’une île flottante dans le ciel. Sa femme fit des recherches pour retrouver ce nom : Laputa. Ce nom a provoqué quelques remous : le titre a été changé aux USA à cause de la forte communauté hispanophone (Laputa, désignant une « femme de mauvaise vie » version vulgaire).
Bon sinon concrètement, on a droit à un film d’animation superbe qui annonce ces œuvres à venir : une héroïne courageuse en plein « apprentissage » de la vie (Sheeta comme Sophie dans Le château ambulant finit les tresses coupées à la fin), des engins loufoques mais crédibles, un monde onirique mais ancien à la fois. Certes moins foisonnant en détails mais tout aussi riche visuellement (les paysages de la ville abandonnée de Laputa avec ses robots sont magnifiques), Le Château dans le Ciel réconcilie les générations avec le film d’animation. Si Nausicaa était assez dur, ici, même s’il y a des morts, c’est moins violent, et c’est dans un environnement plus « léger »…On est quand même en train de voler presque tout le film !
L’intrigue est aussi très bonne : si on sait que la pierre a un pouvoir, on ne comprends que progressivement les desseins des protagonistes, notamment de Muska qui est le seul « vrai » méchant. Même les pirates sont sympathiques, avec une grosse maman à tresses (qui me rappelle Yubaba du Voyage de Chihiro) et des gosses « adultes » plus gamins que les deux mômes-héros. Un film des débuts de Miyazaki, qui s’il n’a pas eu le succès escompté à sa sortie au Japon (en 1986) a beaucoup plus ici en 2003 (notez la différence de dates…Merci Buena Vista, qui, soit dit en passant reporte à une date inconnue la sortie du dvd de Totoro…). A découvrir, parce qu’avec la musique de Joe Hisashi en prime, c’est franchement bon.
Ma note : 9/10










Commentaires
C?est un film d?une poésie et d?une sensibilité incroyable qui nous est proposé. La finesse avec laquelle Miyazaki nous raconte cette histoire est incroyable, il y a autant de matière à enchantement pour les petits que de pistes de réflexions pour les plus grands. Visuellement, c?est comme toujours magnifique, l?esthétique très "années 80" qui a fait place aujourd?hui à des retouches sur ordinateur ajoute je trouve une touche de subtilité au dessin. L?imagination du créateur est encore une fois foisonnante et fascinante, la multiplicité des décors et des personnages nous laisse sans voix.
Quant au message il est simple et touchant sans tomber dans le sentimentalisme facile. C?est une vision écologique et responsable du monde qui nous est présentée là, préfigurant celle de Princesse Mononoké. L?absence de manichéisme, un des atouts fondamentaux de l??uvre de Miyazaki à mes yeux, est ici essentielle et nous montre des personnages ni bons ni mauvais, juste complexes (à part peut-être le terrible Muska). C?est beau, c?est émouvant, c?est drôle, c?est divertissant? bref on en redemande.
Ma note : 8,5/10
Bénéficiant d'un dessin et d'une animation plus traditionnels qu'un Mononoke Hime par exemple, le château dans le ciel opère un certain charme sur le spectateur, qu'il soit jeune ou moins jeune. La galerie de personnages tous très attachants (hormis Muska) contribue également à se laisser entraîner dans cette chasse au trésor d'un type très particulier. On note également un réel souci d'épaissir les principaux protagonistes, notamment le jeune Pazu et sa capacité à ne jamais perdre espoir et baisser la tête face à l'adversité, une manière de rendre justice à son père.
L'autre point fort du film, c'est cet univers composite propre à Miyazaki, un habile mélange de mécanique et de magie qui parvient à conserver une relative crédibilité au récit et dont le château ambulant figure comme la pierre angulaire. Au final, on assiste à une oeuvre qui tout en s'inspirant de celle de Swift développe sa propre mythologie, son propre sens des valeurs, sans oublier son but premier, le divertissement. Le châtau dans le ciel procure un réel plaisir à être vu et revu. Son humour bon enfant et la poésie qui se dégage de certaines images y sont sans doute pour quelque chose.
Note : 8/10
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