Fiche technique
Film américain
Date de sortie (France) : 26 Juin 1974
Genre : Anticipation
Titre original : Soylent Green
Durée : 1h33
Scénario : Stanley R. Greenberg
D’après le roman de Harry Harrison
Musique : Fred Myrow
Photo : Richard H. Kline
Avec Charlton Heston (Thorn), Edward G. Robinson (Sol Roth), Leigh Taylor-Young (Shirl), Chuck Connors (Tab), Joseph Cotten (Simonson)...

 

Synopsis : New York, 2022, le monde tel que nous le connaissons n’existe plus. A la place, une société à deux vitesses, avec d’un côté une poignée de nantis et de l’autre des millions de malheureux affamés avec pour seule nourriture différents « soylent » synthétiques. Jusqu’au jour où le détective Thorn se voit confier l’enquête sur le meurtre d’un certain Simonson, un des directeurs de la compagnie Soylent. Secondé par son « biblio » Sol Roth et par l’ancien « mobilier » du défunt, le policier ne va pas tarder à toucher du doigt un terrible secret…

Mon avis : De l’anticipation pas si anticipée que ça…

 

Adaptation du best-seller de Harry Harrison, Soylent Green est très vite devenu un classique de la science-fiction. On y retrouve d’ailleurs Charlton Heston dans le rôle titre, qui avait déjà brillé précédemment dans une adaptation de Pierre Boulle, La Planète des singes, autre classique incontournable du genre signé Franklin J. Schaffner. Sauf qu’ici pas de voyage interstellaire mais de la bonne vieille anticipation à la sauce George Orwell. Autrement dit, une vision ultra pessimiste de notre société projetée dans un avenir particulièrement proche…

 

Comme souvent dans ce genre de production, il convient de saluer le travail colossal accompli en ce qui concerne les décors, qu’il s’agisse des décors extérieurs ou de certains détails qui confèrent toute sa crédibilité à ce genre de récit ayant bien souvent du mal à ne pas prendre un sérieux coup de vieux au bout de deux ou trois décennies. A ce niveau là, Soylent Green s’en tire honorablement, et fait même mieux que ça, malheureusement pour nous, puisque son message alarmiste sur l’environnement et les denrées alimentaires est chaque jour un peu plus d’actualité…

 

Côté récit, on pourra regretter que certaines lignes directrices soient un peu expédiées (par exemple, on commandite le meurtre mais on oublie de récupérer les livres compromettants), notamment le fait que le héros ne soit jamais réprimandé pour ses méthodes peu orthodoxes dans un univers pourtant aussi verrouillé, et aussi qu’il puisse circuler aussi facilement dans les hautes sphères sans être inquiété. Des manques d’autant plus dommageables que le reste est plutôt bien traité, comme par exemple le marché noir alimentaire au cœur même du poste de police.

 

Pour ce qui est de l’interprétation, Charlton Heston prouve une fois de plus qu’il a les épaules solides. Il est par ailleurs parfaitement secondé par le grand Edward G. Robinson grâce à son rôle attachant de « biblio » nostalgique de l’ancien temps. La scène du « Foyer » est sans soute la plus belle du film. Et en effet, c’est lui qui confère sa touche d’humanité au film de Richard Fleischer, qui sans cela aurait été encore plus froid, pessimiste et surtout complètement déshumanisé. Résultat, peut-être pas un chef d’œuvre mais indubitablement un film incontournable pour tout amateur de science-fiction qui se respecte.

 

Note : 7,5/10