Fiche technique

Film américain
Date de sortie : 13 août 1948
Genre : Thriller diabolique
Titre original : Secret beyond the door
Durée : 1h32. N&B
Scénario : Silvia Richards
D’après une histoire de Rufus King
Musique : Miklos Rozsa
Directeur de la photographie : Stanley Cortez
Avec : Joan Bennett (Celia Lamphere), Michael Redgrave (Mark Lamphere), Anne Revere (Caroline Lamphere), Barbara O’Neil (Miss Robey), Natalie Schafer (Edith Potter), Paul Cavanagh (Rick Barrett)…

 

Synopsis : Celia Barrett, riche héritière, rencontre pendant des vacances à Mexico Mark Lamphere, qu'elle épouse aussitôt. Mais le soir des noces, son mari la quitte brusquement, sans aucune raison apparente. La jeune femme va peu à peu réaliser que celui qu'elle a épousé est un homme bien étrange...(Allociné)

 

Mon avis : « Nous sommes les enfants de Caïn. » Alors comportons-nous comme tels…

 

Secret beyond the door, second et dernier film produit par Diana Production, la boîte de production de Fritz Lang, surfe sur la vague des films psychanalytiques qui fleurirent tout au long des années 40 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, le plus fameux demeurant probablement La maison du docteur Edwardes (Spellbound), de Sir Alfred Hitchcock. Les deux films sont d’ailleurs intimement liés puisqu’ils ont tous les deux bénéficié de partitions de grande classe signées Miklos Rozsa. Ce film voit également la seconde collaboration entre Fritz Lang et Joan Bennett après La femme au portrait. Excellent film lui aussi dont je vous conseille la critique éclairée de Neiljordan dans nos « murs ».

 

De par l’élaboration de son récit, son interprétation impeccable et sa mise en scène faisant la part belle aux clairs obscurs, le film de Fritz Lang est une petite merveille du genre noble qu’est le thriller. Commençant sur un faux rythme avec une bluette plutôt banale, le récit s’emballe dès l’arrivée de Celia chez son mystérieux, car quasi inconnu, époux, et va progressivement incrémenter la tension dramatique au moyen de scènes paroxystiques à couper le souffle. Parmi celles-là, la découverte de ce qu’abrite la septième chambre puis, un peu plus tard, la scène anthologique où Mark fait son propre procès. Fritz Lang canalise avec une grande adresse les émotions du spectateur, s’appuyant pour cela sur ses deux fabuleux acteurs, Joan Bennett et Michael Redgrave, et confère à cette histoire étrange une dimension diabolique au départ insoupçonnée.

 

Sans prendre le risque de vous dévoiler la fin, j’insisterai juste sur le fait que le film est clairement divisé en deux parties, l’avant et l’après Mark Lamphere. Jusqu’au basculement, l’héroïne évoluait dans un espace éthéré, une sorte de rêve éveillé dont elle semblait pouvoir s’évader selon son bon vouloir, comme elle l’avait fait par le passé en annulant à plusieurs reprises ses fiançailles à des coureurs de dot. Seulement cette fois-ci le rêve persiste et ressemble étrangement à la réalité. Pire, il se transforme peu à peu en cauchemar. Celia commence à s’interroger sur son mari et se rend compte qu’elle ne sait rien ou presque de l’homme qu’elle vient d’épouser. La paranoïa s’installe tranquillement et les circonstances de la mort de la première femme de Mark, Eleanor, semblent plus que jamais douteuses. Fritz Lang signe un film où la psychanalyse et le thriller se confondent dans une même veine baroque, sans pour autant négliger le réalisme. A ne pas rater.

 

Note : 9/10