Film américain
Date de sortie (France) : 18 février 1998
Genre : Comédie romantique
Durée : 2h20
Scénario : James L. Brooks et Mark Andrus
Musique : Hans Zimmer
Photographie : John Bailey
Avec Jack Nicholson (Melvin Udall), Helen Hunt (Carol Connelly), Greg Kinnear (Simon Bishop), Cuba Gooding Jr (Frank Sachs), Skeet Ulrich (Vincent)...
Synopsis : Grand romancier à succès, Melvin Udall vit pourtant cloîtré chez lui à éviter tout contact humain. Seule exception, ses repas qu'il prend dans un restaurant où seule la serveuse Carol accepte de le servir. Car Melvin est aussi le roi du sarcasme au point d'en être tout à fait imbuvable. Pourtant, le jour où son voisin gay est tabassé chez lui, Melvin n'a pas d'autre choix que de lui garder son petit chien Verdell. Dans le même temps débute une relation houleuse avec Carol dont il fait soigner le fils malade à grands frais dans le seul but de pouvoir être servi normalement au restaurant...
Mon avis : James L. Brooks, la voix cachée de l'Amérique...
James L. Brooks
est un homme dont on parle peu mais qui à chaque fois qu'il s'imisce
dans un projet en revient toujours à faire parler de lui, le plus
souvent en bien. Son premier long par exemple, Tendres Passions, déjà avec Jack Nicholson, rafle pas moins de cinq Oscars. Pas mal pour une première tentative. Le suivant, Broadcast News,
sera quant à lui nominé à sept reprises. Et quand le bonhomme s'éloigne
un peu du cinéma c'est pour s'essayer un peu au dessin-animé. Le
résultat ? Les Simpsons, rien de moins, qu'il crée conjointement avec Matt Groening.
Ainsi, ce n'est pas vraiment une surprise de voir James L. Brooks mettre en image une comédie originale de Mark Andrus. Comme il l'avait fait quatorze ans plus tôt pour Tendres Passions,
le cinéaste propose sa propre vision de la comédie romantique. Un genre
quelquepeu suranné dont il prend plaisir à dynamiter les codes en
obscurcissant volontairement le tableau. De quelle manière ? Tout
simplement en proposant comme héros au spectateur un personnage
désagréable au possible, un type ne supportant pas le contact des
autres et qui, contre toute attente, va tomber amoureux.
Et qui de mieux que Jack Nicholson
pour mettre les autres plus bas que terre en jouant des accents
circonflexes qu'il a en lieu et place de sourcils. Habile mélange
d'autosatisfaction et de phobies aiguës, Melvin Udall a tout du
personnage écrit directement pour l'acteur tant ce dernier se l'est
approprié facilement pour composer l'écrivain le plus dérangé et le
plus misanthrope de la création. L'écriture c'est justement le point
fort du film de James L. Brooks. Comme souvent chez lui, les
personnages séduisent, les situations sonnent juste et les répliques
font mal, très mal, surtout dans la bouche d'un Nicholson dégoulinant d'autosatisfaction. As Good As It Gets est à n'en pas douter devenu une nouvelle référence en la matière.
Autre distance prise avec la comédie traditionnelle, la durée du film. Pour le pire et pour le meilleur
dépasse largement les deux heures, preuve s'il en est d'un souci
constant de proposer au public de vrais personnages et non pas la
compilation indigeste de clichés habituels. Mais on peut aussi y voir
quelques soucis pour sabrer certaines scènes qui ralentissent trop le
récit. Pour ce qui est des seconds rôles, ils dépassent largement leur
champ d'application car même si Nicholson bouffe littéralement l'écran à chacune de ses apparitions, les très bons Helen Hunt et Greg Kinnear ne déméritent pas à ses côtés. L'actrice, découverte par Paul Reiser pour Dingue de toi,
trouve ici son premier grand rôle et se verra même, petit exploit pas
négligeable, récompensée par l'Oscar de la meilleure actrice devant Kate Winslet pour Titanic.
Au final une excellente comédie aux rouages bien huilés (le chien
mérite à lui seul le détour) qui prouve qu'on peut encore proposer une
comédie romantique et surprendre le spectateur.
Note : 8,5/10










